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Le 3 octobre 2010, l'Allemagne fit son dernier versement à la France dans le cadre des réparations de guerre imposées par le traité de Versailles de juin 1919. C'est dire à quel point la culpabilité totale et absolue de l'Allemagne dans le déclenchement du premier conflit mondial est restée acquise, enseignée à des générations d'écoliers depuis un siècle. Or, en scrutant l'action politique et les idées en France depuis 1870, non seulement sur une longue période mais aussi dans les toutes dernières semaines de l'été 1914, Bertrand Blandin montre qu'une France aux bases républicaines encore fragiles et très proche de la Russie tsariste dans ses alliances, joua en réalité un rôle actif et déterminant dans l'ouverture des hostilités. L'examen précis des crises politiques de la France d'avant-guerre, l'utilisation des documents diplomatiques et l'étude inédite de la correspondance secrète de l'ambassadeur de Russie dévoilent les manoeuvres du président Poincaré qui n'ont en fait qu'un seul objectif : la guerre de revanche. Bien sûr, on peut être choqué de cette hypothèse d'une culpabilité française quand on pense à l'immense sacrifice consenti par le pays pendant quatre ans. Il ne s'agit donc en aucun cas d'instruire un procès à charge ou de faire acte de repentance mais plutôt d'en finir avec un grave mensonge historique. Une enquête passionnante servie par un style sobre et direct.